08 2 / 2012

#semaineToulousaine… envie de changer de planète.

Vendredi, on a pris la route, légèrement inquiets vu tout ce qu’on nous avait dit à la radio, à la télé… mais la route était propre, la neige était  là dans les champs et avec le soleil qui brillait, ça donnait des airs de vacances !

Je me suis dit que j’avais de la chance de pourvoir vivre en ville en semaine et rentrer dans les Pyrénées le reste du temps…

Samedi, tout était blanc de chez blanc, mais confiants, avec 4 pneus hiver on est parti vers la montagne : difficile de monter, mais j’aime rouler sur la neige, ça donne des airs de rallyes. Le chauffage avait bien fonctionné, la maison était à température tiède… mais sans eau courante.

Je me suis dit, en chauffant un peu plus, l’arrivée d’eau va dégeler et ça ira. Je me suis dit aussi en regardant toute cette neige briller au soleil que j’avais de la chance de vivre un vrai hiver en montagne.

Dimanche, l’eau n’était toujours pas revenue à l’heure de quitter la maison. La chaudière commençait à manquer de pression et sans eau pas moyen d’améliorer les choses. La météo n’annonçait toujours pas le redoux et il se remettait à neiger.

On a laissé la maison en priant un peu pour que les choses n’empirent pas, et que tous les tuyaux n’explosent pas avec le froid. Il avait plu et la route était dégagée.

Je me suis dit en partant pour Toulouse que j’allais laisser ma vie à la montagne, pour vivre 100% en ville… c’est quand même plus simple !

Sur la route on a retrouvé la neige, les autres, le stress de conduire au milieu de voitures aux comportements irrationnels… Je me suis dit après autant de kilomètres entre neige et verglas que vraiment j’avais bien fait de me ruiner en achetant 4 pneus hiver.

En arrivant, il fallait récupérer la seconde voiture, celle qu’on avait laissée devant mon lieu de travail… elle n’y était plus ! Volée…

Je me suis dit, c’est la merde. Dans notre naïveté campagnarde on n’avait pas assuré contre le vol cette vieille voiture à moitié épave. Erreur 

Lundi, on s’est organisé : moi le métro, lui la voiture… il faisait toujours aussi froid, le métro ne fonctionnait pas correctement. J’ai mis une heure à me rendre au bureau, après avoir failli m’évanouir compressée comme un sushi dans cette foule idiote qui continue à pousser même quand il n’y a plus du tout de place.

Je me suis aussi dit, finalement la grande ville ça craint, je veux retourner vivre dans mes montagnes.

Au bureau, on a essayé de voir si le service de surveillance avait remarqué quelque chose au sujet de la disparition de ma voiture… Pas vraiment, mais vu l’état de la clôture du parking, il semble qu’elle ait servi de voiture bélier.

Je me suis redit que ma vie était bien compliquée…

Pour me détendre, j’ai lu le blog de la fée, sorte de « copine numérique », elle m’a fait sourire comme souvent, et je me suis dit c’est sympa elle arrive à écrire chaque semaine.

Mardi, re-métro, avec en plus la glace vive sur les trottoirs, et puis j’avais paumé mes gants… arrivée au bureau : panne générale de chauffage. 8 degrés dans les bureaux. On ferme. Chacun rentre chez soi. On avisera pour demain.

Je me suis retrouvée sur mon canapé à essayer de me réchauffer derrière la vitre ensoleillée et je me suis dit que j’étais givrée à culpabiliser complet au lieu d’en profiter de cette journée buissonnière !

J’ai appris que Tapiès était mort la veille, et je n’ai pas aimé cette nouvelle.

Je me suis dit un artiste que je connais (un contemporain je veux dire) est mort : ça y est je suis vieille.

J’ai dormi toute la journée, il fallait que le temps s’accélère, que la température remonte. Le soir, j’ai mis à cuire des pois chiches. Et puis j’ai voulu prendre des nouvelles de mon premier amour, pas le premier amoureux, mais le premier avec qui j’ai partagé vraiment ma vie, mon appartement, mes vacances, mes coups de folies, mes gros coups de blues… Quelques années que j’avais pas pris le temps de savoir ce qu’il devenait.

Facile avec google : tu tapes un nom et bing !
Tu apprends qu’il est MORT.

Je me suis dit google est un con, google n’a pas le droit de me dire ça.

Vincent est mort depuis 2 ans.

Je me suis dit alors, c’est comme ça, on peut mourir et des gens qui dans ta vie ont beaucoup compté ne sauront pas que tu n’es plus là.

Les pois chiches ont cramé, la cocotte avec, et moi j’ai mal dormi avec une odeur de cramoisi dans le nez et le cerveau qui mouline.

Mercredi, l’odeur avait un peu disparue, mais Vincent était toujours mort depuis deux ans. Et je ne voyais pas à qui en parler. Je suis retournée au bureau, à 11h il faisait toujours 8 degrés, on nous a dit rentrez chez vous. Je l’ai fait.

Mais moi j’avais du mal à me dire autre chose que on peut mourir et des gens qui dans ta vie ont beaucoup compté ne sauront pas que tu n’es plus là.

Je me suis dit : il faut que j’écrive.

J’ai écris. Je pleure.